jeudi, mai 01, 2008

Muguet et pieds crottés...

Aujourd'hui 1er mai !
Donc la journée commence sous la couette...au moins jusqu'à l'arrivée de la petite tribu hurlante, pestante et bizoutante.

Tour dans le jardin pour la pissette du Tût-tût et là, tout va bien : les clochettes de muguet sont bien là ! (voir photo à gauche. c'est NOTRE muguet, m'sieurs-dame ! mais si,mais si !)
Donc, dans la joie et l'allégresse du gars qui a un jardin qui tourne comme il faut, en se grattant vaguement l'arrière-train d'un geste gracieux et délicat sous les yeux du voisin effaré devant mon corps d'athlète en pyjama customisé, je me rentre en cherchant vaguement un programme pour la journée.

Eclair de génie pendant le petit déj' : On n'a qu'à aller pêcher des coques !
Hélas, la logistique grand-parentale ne pouvant souscrire à ce plan machiavélique faute d'obligations auxquelles j'ai pas tout compris, nous nous rabattons sur un glandouillage généralisé, peut-être entrecoupé d'un gratouillage du jardin, mais sans conviction.

C'était sans compter sur le coup de fil salvateur de Belle-Maman Yok qui, classiquement, insuffle à sa Yok de fille l'idée de génie qu'il y aurait un vide-grenier au Vast.

Pour toi, ami lecteur, qui ignore tout de la géographie de la Manche en général et du Cotentin en particulier, sache que le Vast est la seule commune que Google Earth ne peut répertorier, faute de trou suffisamment grand dans la perpétuelle couche nuageuse qui la recouvre.

Malgré mes hauts cris et une simulation (fort réussie pourtant) d'un début de paralysie du côté droit, le petit monde se retrouve vite embarqué dans la voiture.
Moi aussi, sous la vague promesse un rien foireuse que je vais y trouver des outils à pas cher...
Ben tiens.

Arrivée à deux kilomètres du Vast, en pleine côte, le camping-car Allemand qui nous précède casse net son essieu arrière.
Comme ça. Devant nous. Tac! Crrrrrrr !!!! (je le fais super bien le bruit de l'essieu qui casse, hein ?!)
Soit dit en passant, péter un essieu un jour férié dans un pays étranger, je plains le pauvre gars...

Croyez-vous qu'un signe du destin aussi évident va faire renoncer à ma chère et tendre sa folle équipée ?
Pense-tu! Que nenni...
"Fille de Belle-mère, famille en Galère", comme le dit si bien le dicton australo-malgache.

Du coup, arrivée triomphante de l'équipe gagnante que nous sommes en plein milieu du Vast, copieusement inondé par la flotte depuis les 6 derniers mois, et débarquement des troupes dans le champ passablement humide où se déroule le vide-grenier.

En fait de vide-grenier, c'est plutôt "jacquou-le-croquant au pays des brocanteurs".
Y'a trois exposants, de la boue sur 10 centimètres de profond, des flaques d'eau tous les 50 cm...

Je jette un regard sur Océane qui, plus bas, lutte avec l'énergie du désespoir pour soulever ses pieds en gardant ses chaussures...
Une scène d'un documentaire sur la guerre de 14-18 me revient à l'esprit. Si,si, celle où les pauvres gars patouillent dans la glaise pour sortir des tranchées...
Réflexion pertinente d'Océane, de la boue jusqu'aux genoux : "c'est pas propre, papa ! j'ai sali mes chaussures..."

Bon, le coup des vieux outils à pas cher, on me le refera plus. :-P
N'empêche rien que pour voir comment les exposants essayaient de sortir leurs voitures du bourbiers en projetant de la bouillasse sur les curieux venus les aider en poussant, ben ça valait presque le coup d'oeil !
;-)

Un tour de brocante plus tard (10 minutes, en gros), on ramasse nos gosses, crottées jusqu'aux genoux (même Ambre dans la poussette a eu le droit à une dose) et direction la maison, où mon épouse et moi-même passons le reste de la journée à méditer sur la vacuité de la vie et les idées foireuses de belle-maman...

;-D

Proverbe du jour à retenir : Si le muguet de ton jardin est moins vert que celui du Vast, au moins tes chaussures sont propres.

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